"La Cathédrale" peinture et collage sur papier
Dimensions 42 x 29,7 cm
"Stalpul Casei" peinture et collage sur papier
Dimensions 42 x 29,7 cm
Les notions de « Maison » et de « Chez-soi » sont devenues, avec mon exil, une absence douloureuse ; elles se sont transformées en une forme tangible du passé.
La reconstruction de ces deux demeures — l’une extérieure, matérielle, l’autre intérieure, intime — a été un long chantier, traversé de sacrifices, d’illusions et de désillusions liées à la difficile entreprise de se rebâtir soi-même.
La maison s’est peu à peu sublimée, idéalisée, jusqu’à devenir une quête inassouvie, un rêve en perpétuel devenir. Toutes ces émotions accumulées au fil des ans ont fini par émerger sous forme de représentations fantasmagoriques : des architectures improbables, habitées de symboles du subconscient et d’archétypes ancestraux évoquant le sacrifice et les rituels intrinsèquement liés à l’acte de création, et, par extension, à celui de la construction architecturale. Cette démarche a constitué pour moi un retour aux sources originelles et inépuisables du mythe.
Elle s’inscrit également dans la filiation des expérimentations surréalistes : ces artistes qui, « fouillant dans le coffre du passé », en état de transe et d’inspiration, puisaient dans les archétypes du mythe, du folklore ou des traditions, les réinventant dans des contextes nouveaux et paradoxaux, afin de libérer le potentiel créateur de l’inconscient.
"Briser le toit de la maison I"
Peinture et collage sur carton
Dimensions 70 x 40 cm
"Briser le toit de la maison II - Cerbul"
Peinture et collage sur carton
Dimensions 70 x 40 cm
"Briser le toit de la maison III - Pestele"
Peinture et collage sur carton
Dimensions 70 x 40 cm
Arhitecturi improbabile, ce își găsesc inspirația în simbolistica construcțiilor din tradiția populara, sunt realizate în spiritul tehnicii „cadavre exquis", prin alăturarea unor imagini misterioase într-un context ilogic.
Des architectures improbables, qui trouvent leur inspiration dans la symbolique des constructions issues de la tradition populaire, sont réalisées dans l'esprit de la technique du « cadavre exquis », en juxtaposant des images mystérieuses dans un contexte illogique.
Vue de l'exposition S-CRYPT
Simbolurile și metaforele din poezia lui Ion Stratan, „Urechea vorbitoare", mi-au inspirat o viziune plastică asupra fragilității cuvântului și a ambiguității dialogului in lumea contemporană.
"Tu, ureche vorbitoare
Spunând mereu ceea ce trebuie ascultat
Venind mereu înaintea înțelesului
apoi înaintea cuvântului, apoi înaintea literei
M-am născut dintr-un fonem căzut înspre tine
liniște panicata, tăcere cu zgura, asurzire de sens
eu de tine ascult"
"L'oreille parle" ("Urechea Vorbitoare")
Aquarelle et collage sur papier japonais
Dimensions 130 x 70 cm
Seria "Jocul cu hazardul"
Techniques mixtes, collage sur papier
Dimensions 65 x 42 cm | 42 x 42 cm
Jocul Tarotului a inspirat majoritatea artiștilor suprarealiști, fiind un catalizator al imaginației, la fel ca hazardul, ambele reprezentând elemente-cheie ale procesului creativ.
Le vêtement, empreint des traces et des résonances du corps, se fait réceptacle de mémoire. Comme un parchemin vivant, il enregistre les émotions, les gestes, les vibrations intérieures, devenant ainsi métaphore de la peau – cet espace sensible où la pensée s’inscrit, se grave, se transforme.
De l’être, ne subsiste que le reliquat d’une écriture mentale, un sillage ténu qui s’efface peu à peu dans le mouvement du temps.
Le choix du poème de Mallarmé, « Un coup de dés jamais n’abolira le hasard », n’est pas fortuit. Il scelle la rencontre entre le visible et le lisible, entre la peinture et le mot, entre le rythme plastique et celui du langage. Par cette mise en dialogue, l’œuvre interroge la puissance du signe, du mot et de l’image, et invite le spectateur à devenir lecteur, acteur d’une interprétation plurielle et ouverte.
Ainsi se dessine un espace de réflexion où le hasard, l’incertitude et le sens s’entrelacent. L’œuvre se découvre comme une méditation sur la fragilité de l’existence, sur la persistance de la mémoire et la beauté de l’éphémère. Le mot et l’image y cohabitent, se répondent, et tissent ensemble un champ poétique où regard et pensée se rejoignent dans un même souffle de création.
Installation "Veșmântul poeziei"
Technique : encres sur papier fabriqué à la main, broderies au fil d'argent.
Dimensions variables.
Vue de l'exposition S-CRYPT
Meditație asupra fragilității existenței, a memoriei și a efemerității, acolo unde cuvântul și imaginea se întâlnesc, dând naștere unui spațiu poetic și filosofic de reflecție.
Détail de l'installation
Détail "Veșmântul poeziei"
În lucrările Deliei Sechel-Perrois dilemele ies la iveală când discret tactil, evanescent (Veșmântul poeziei), când violent (Sparge acoperișul casei / Briser le toit de la maison), când invocând și provocând poetic hazardul prin intermediul poeziei lui Stéphane Mallarmé Un coup de dés jamais n'abolira le hasard. Înșelătoare, linia elegant fluidă din Urechea vorbitoare / Talking Ear este captivă între brațele unui clește întors cu susul în jos, ecou al unei lumi străbătute la tot pasul de temeri, contraste, distopii.
Joc facil? Nici poveste! Căci ușurința pe care o sesizăm în toate lucrările expuse este de fapt rodul unor strădanii disciplinate, răbdătoare, al unui angajament plin de dăruire: A fi cu adevărat jucăuș înseamnă să fii onest și cu tine și cu ceilalți.
„Publicul” este invitat să participe la acest joc autentic de creativitate în căutarea sensurilor, a înțelesurilor, a cunoașterii de sine și de lume.
Martor complice, jucător activ, reflexiv, fiecare dintre noi e invitat să traverseze și să depășească tensiunile, spațiul dilematic dintre ceea ce vorbele și imaginile dezvăluie sau ascund. Căci adevărata artă nu se naște dintr-un simplu click pe o tastă, dintr-un proces gata programat și bun pentru orice/oricine ci prin explorarea tensiunilor dintre relevare și disimulare.
Codruța Cruceanu
Dans les œuvres de Delia Sechel-Perrois, les dilemmes apparaissent tantôt discrets, tactiles, évanescents (Le vêtement de la poésie), tantôt violents (Briser le toit de la maison), tantôt invoquant et provoquant poétiquement le hasard à travers le poème de Stéphane Mallarmé Un coup de dés jamais n'abolira le hasard. Trompeuse, la ligne élégante et fluide de L'oreille qui parle / Talking Ear est captive entre les bras d'une pince retournée, écho d'un monde traversé à chaque pas par des peurs, des contrastes, des dystopies.
Un jeu facile ? Pas du tout ! Car la facilité que nous percevons dans toutes les œuvres exposées est en fait le fruit d'efforts disciplinés, patients, d'un engagement plein de dévouement : être vraiment enjoué, c'est être honnête avec soi-même et avec les autres.
Le « public » est invité à participer à ce jeu authentique de créativité à la recherche de sens, de significations, de connaissance de soi et du monde.
Témoin complice, joueur actif, réfléchi, chacun d'entre nous est invité à traverser et à dépasser les tensions, l'espace dilemmatique entre ce que les mots et les images révèlent ou cachent. Car le véritable art ne naît pas d'un simple clic sur une touche, d'un processus préprogrammé et bon pour tout/tout le monde, mais de l'exploration des tensions entre révélation et dissimulation.
Codruța Cruceanu